La nécessité de créer cette association est le fruit d'observations et réflexions nourries via votre propre expérience. Pourriez-vous nous en dire plus ?
Ce que nous avons vécu et constaté, ce que vivent des milliers de familles chaque année, est qu'au drame qu'est la perte d'un enfant, s'ajoute une autre forme de violence que subissent ceux qui restent, les covictimes. Depuis l'absence totale d'accompagnement psychologique jusqu'au traitement administratif qui aboutit à des situations ubuesques et douloureuses. Il y a de manière générale un manque de reconnaissance duquel découle une profonde solitude, une détresse matérielle et psychologique. En tant que société il faut impérativement agir pour protéger nos enfants.
Comment l'association Antoine Alléno pallie-t-elle ces défaillances ?
L'idée première a été d'apporter une boussole à ces familles, de les aider à passer ce cap via un soutien psychologique et financier si nécessaire, de les accompagner dans leurs démarches et dans leur quotidien pendant cette période. Concrètement, nous avons mis en place une ligne téléphonique avec au bout du fil, une personne qualifiée pour recueillir ce premier appel, poser les bonnes questions, et orienter si nécessaire vers notre réseau de professionnels sérieux et compétents. En deux ans seulement, l'association a ainsi accompagné une centaine de familles ayant perdu un enfant de moins de 25 ans.
Mais ce n'est pas tout, vous avez également œuvré pour que les lignes bougent sur le plan législatif.
L'idée est simple : quand vous prenez une voiture en ayant consommé de l'alcool ou des substances illicites, quand vous marquez un refus d'obtempérer, on ne peut pas parler d'un accident. Aussi avons-nous œuvré pour faire modifier la loi, afin que dans ces cas-là, on ne parle plus d'homicide involontaire mais d'homicide routier. Notre proposition a été votée à l'unanimité par les deux assemblées en première lecture.
ALIVE : UNE ŒUVRE En collaboration avec l'artiste JR, l'association Antoine Alléno participe au projet Alive. L'idée : parcourir la France à la rencontre des familles de victimes de violences routières et recueillir près de 3 000 portraits qui recouvriront le pont de l'Alma en mai 2025.
Association Antoine Alléno — Protéger nos enfants, un enjeu collectif
Yannick Alléno — pour un homicide routier reconnu et puni
Chaque année plus de 700 jeunes de moins de 25 ans perdent la vie sur les routes de France. Un chiffre qui révolte mais ne surprend plus Yannick Alléno dont le fils Antoine était, le 8 mai 2022, victime d'un acte de violence routière mortel.
Par La Rédaction
Photos : Mathieu Pattier