Nous le savons depuis Galilée, notre planète est ronde et tourne sur elle-même. L'idée que nos échanges, nos économies et nos systèmes commerciaux fonctionnent de manière circulaire semble donc s'imposer. Il n'empêche qu'il aura fallu que - l'espace de quelques mois, par la faute d'un pangolin farceur - la Terre s'arrête de tourner pour que nous en prenions tous conscience.
La planète luxe a toussé en 2024, sur fond notamment de la montée en puissance de la seconde main. Selon l'étude référence Bain Altagamma Luxury Study 2024, pour la première fois depuis 2008 (en excluant 2020 et la période Covid-19), le marché des produits de luxe a reculé à 363 milliards d'euros en 2024 vs 369 milliards d'euros en 2023.
"Le modèle initial du luxe est bel et bien celui de la durabilité : nous fabriquons des produits qui se transmettent de génération en génération." — Hélène Valade, Directrice développement environnement du groupe LVMH
La seconde main en passe de révolutionner l'industrie du luxe
Le marché de la seconde main offre aux consommateurs une nouvelle porte d'entrée vers l'univers du luxe. Les marques d'horlogerie, de joaillerie, d'accessoires de mode et de prêt-à-porter sont les principaux moteurs de cette croissance. Face à cette nouvelle réalité, les marques de luxe traditionnelles essayent différentes stratégies pour maîtriser leur place et leur image sur ce nouveau marché.
Quelle en est la traduction sur le plan de l'immobilier de prestige ? « Au-delà de la question financière, les UHNWI ont fait du pre-loved un credo, estime Thibault de Saint Vincent, président de BARNES. La responsabilité des entrepreneurs devient un art de vivre dont les maîtres-mots sont : revendre, réparer, rénover, réhabiliter, réutiliser, recycler et réinventer. »
Les codes de la circularité
La population UHNWI se divise en trois principales catégories (les héritiers, les entrepreneurs et les héritiers-entrepreneurs), qui comptent pour chacune d'entre elles une vingtaine de « familles » selon leurs parcours professionnel ou leurs origines géographiques. L'année 2024 a été marquée par une accélération du besoin de circularité de la part de ces acheteurs, habituées aux codes du luxe mais souhaitant donner un sens à leur consommation.