L'année 2022 a changé la donne dans de nombreux domaines de l'activité humaine, l'immobilier n'y a pas échappé. Dans le segment du luxe, notamment, avec des acheteurs directement ou indirectement impactés par la guerre en Ukraine, des nouveaux arrivants dans la catégorie des HNWI et UHNWI, une meilleure prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux, et un besoin généralisé d'inscrire l'investissement dans une logique entrepreneuriale.
En 2022, alors qu'il se remettait — en ordre dispersé — de la crise sanitaire, le monde s'est retrouvé face à un conflit en Ukraine et à une flambée du cours des matières premières. Comment s'est comporté l'immobilier de prestige ?
HEIDI BARNES : Au gré des crises qui se succèdent, dans un contexte économique et politique fragile, l'immobilier de prestige fait figure de repère, de boussole. Il représente non seulement un lieu mais aussi un investissement sûr, qui résiste aux tempêtes.
THIBAULT DE SAINT VINCENT : Après la crise financière, les attentats et la crise sanitaire, nous voici confrontés à la guerre en Europe, une guerre qui s'annonce durable. Cette période est marquée par une grande fragilité des marchés. L'immobilier n'est pas épargné. Toutefois, l'immobilier de prestige fait figure d'exception grâce à son excellence, qui est plus que jamais plébiscitée. L'emplacement, l'environnement, la qualité des finitions sont des atouts majeurs pour s'imposer dans la durée.
Le concept de résidence semi-principale semble s'être durablement imposé. Quelles seront les prochaines évolutions des usages ?
TSV : Effectivement ce concept, qui existait déjà de manière marginale avant 2020, s'est durablement imposé depuis. Aujourd'hui, parmi nos clients, nombreux sont ceux qui vivent alternativement à la ville et au bord de la mer, à la campagne ou à la montagne. Pour ceux qui travaillent dans les nouvelles technologies ou qui exercent des responsabilités dans des multinationales, il est courant de partager leur vie entre différentes villes ou pays. À Miami ou St Barth l'hiver et à Lisbonne ou sur la Côte d'Azur en été, ils semblent avoir adopté durablement un nouveau mode de vie, celui de nomades de luxe.
« Dans un monde en perpétuel mouvement, le maître-mot sera la faculté d'adaptation des entrepreneurs aux évolutions du monde moderne et celle des villes internationales et lieux de villégiature haut de gamme à ces entrepreneurs toujours plus nombreux et plus exigeants. » — Thibault de Saint Vincent