BARNES Magazine N°38 N°38 — Automne-Hiver 2025/2026
Philanthropie

Katherine Gage Boulud — Changer le monde par l'assiette

Spoons Across America — alimentation, enfance et engagement

Entrepreneure, philanthrope et ambassadrice de The Dinex Group, le groupe de restaurants fondé par son époux, le chef Daniel Boulud, la new-yorkaise Katherine Gage Boulud a toujours privilégié les causes porteuses de sens. Fidèle soutien de Spoons Across America depuis plus de dix ans, son ambition va aujourd'hui plus loin : changer le monde par l'alimentation.

Par La Rédaction
Katherine Gage Boulud — Changer le monde par l'assiette

Qu'est-ce qui a d'abord éveillé votre engagement en faveur d'une meilleure alimentation pour les enfants ?
La cuisine est une passion qui m'accompagne depuis l'enfance. Ma grand-mère m'a offert mon tout premier cours à la Florida Culinary Institute, à West Palm Beach. J'ai un temps envisagé une carrière en politique, mais mon amour pour la cuisine provençale, découvert lors d'un été à Cannes durant mes études, et mes expériences au Café Boulud Palm Beach puis au Restaurant Daniel à New York m'ont convaincue que c'est par l'alimentation que je pouvais réellement avoir un impact.

Transmettre aux enfants de bonnes habitudes alimentaires, est-ce un défi ?
Les enfants apprennent très vite. Lorsque mes enfants étaient petits, je leur ai toujours parlé en français. Cet apprentissage d'une autre langue s'accompagnait aussi d'un vocabulaire culinaire : parler des saveurs, des textures, des arômes, solliciter leurs sens. Spoons Across America est née de cet esprit. Inspirée des Journées du Goût françaises, l'organisation offre aux enfants la chance d'explorer un univers qui leur est inconnu, d'apprendre, de comprendre leur corps, et d'apprécier les bienfaits d'une bonne alimentation. Aujourd'hui, leurs programmes sont actifs dans plus de 200 écoles, et plus de 80 000 enfants y participent.

Sur quelles causes vous concentrez-vous aujourd'hui ?
Depuis plus de huit ans, je me consacre à Spoons Across America, et je reste profondément impliquée. Je soutiens également le mouvement « Food is Medicine », qui promeut une approche holistique des soins de santé par la nutrition. Maintenant, je ressens le besoin d'agir à plus grande échelle.

La surconsommation d'aliments ultra-transformés est une catastrophe pour la santé publique. Retrouver le chemin d'une cuisine maison, nutritive et accessible, est fondamental. Les produits transformés ne devraient pas constituer la base de notre alimentation quotidienne. Ces changements impliquent de mieux encadrer le marketing, en particulier celui qui vise les enfants. Ils requièrent aussi un soutien accru aux pratiques agricoles régénératives, bénéfiques à la santé des générations futures. La tâche est immense, mais par de petits pas et beaucoup de détermination, nous verrons émerger un vrai changement pour nos enfants.

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