Hélène, Félix, avant de former un couple, vous teniez chacun une galerie d'art à Paris. Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Hélène : Nous nous sommes rencontrés à la fin de l'année 2007, lors d'un vernissage organisé dans la galerie du quai Voltaire que j'avais reprise à l'époque. L'exposition était consacrée à Ronnie Wood, le guitariste des Rolling Stones, également peintre. J'avais voulu en faire un moment festif, avec des danseurs et des musiciens. Ce soir-là, nous nous sommes simplement croisés, le temps d'un rapide échange.
Félix : Je travaillais dans la galerie de mon père, rue Bonaparte. Nos parents se connaissaient mais je n'avais jamais rencontré Hélène. Un ami m'y a entraîné. Un peu plus tard, on s'est retrouvés en cours d'italien d'histoire de l'art. Et on ne s'est plus quittés.
Félix, Marcilhac, avant d'être une galerie de Saint-Germain-des-Prés, c'est un homme : votre père. Que vous a-t-il transmis ?
Mon père a été une personnalité importante de l'histoire des arts décoratifs du XXe siècle. Il a contribué à la redécouverte et à la valorisation de l'Art Déco à une époque où ce mouvement était encore peu reconnu. Il nous semblait essentiel de rendre hommage à cet héritage. Dès mars, nous avons reconstitué un décor de l'Hôtel du Collectionneur que Jacques-Émile Ruhlmann avait réalisé pour l'Exposition de 1925. Nous avons présenté tout un ensemble dont un sublime piano provenant de l'Hôtel de François Ducharne.
Nous accompagnons aussi la programmation des institutions culturelles : nous avons prêté des œuvres au Musée des Arts Décoratifs de Paris, au Musée Zadkine, au Musée des Beaux-Arts de Bordeaux et à la Villa Noailles. Dans nos galeries, nous proposerons des accrochages thématiques autour de 1925 et de son esprit, pour montrer combien ce langage décoratif continue d'inspirer les créateurs et de résonner auprès des collectionneurs contemporains.
De votre côté Hélène, vous organisez la MASH (Association Matignon Saint-Honoré). Quel est l'objectif de cette initiative ?
Oui, je suis à la tête de cette association, que je dirige avec Alexis Lartigue et Raphaël Durazzo, et qui a inauguré la semaine où les grandes salles de ventes parisiennes ont ouvert leurs portes au public. Réunissant une vingtaine d'artistes, l'événement a proposé des lectures, des performances et de la danse.
Hélène, vous avez ouvert votre propre galerie, Hélène Bailly, au 71 rue du Faubourg Saint-Honoré, il y a dix ans. Quel est votre domaine d'expertise ? Je viens d'une famille qui cultive depuis plusieurs générations une véritable passion pour l'art. Pour ma part, j'ai étudié le droit et l'histoire de l'art. Les galeries m'ont toujours fascinée : ce sont des espaces de rencontres et de dialogues. Elles révèlent comment une œuvre est créée, quelles influences l'inspirent, et les références auxquelles elle est connectée. Dans ma galerie, je mets en lumière des artistes actifs entre 1860 et 1960. J'aime concevoir des projets construits autour de thèmes spécifiques. Mon but est de favoriser un échange — entre les artistes eux-mêmes et entre leurs différentes formes d'expression.