BARNES Magazine N°39 N°39 — Printemps-Été 2026
Art

BARNES x JonOne — Les mille mondes de JonOne

BARNES Saint-Germain-des-Prés

À partir d'avril, BARNES Saint-Germain-des-Prés consacre une exposition à JonOne, l'une des figures les plus emblématiques de la scène street art internationale.

Par La Rédaction
BARNES x JonOne — Les mille mondes de JonOne

Rendez-vous est donné en lisière de Paris, non loin de son atelier. John Andrew Perello alias JonOne arrive sur son vélo, maculé de peinture et affamé. Il nous dirige vers une brasserie de quartier, une vraie, pas du genre « revisitée » avec déco léchée faussement vintage. La conversation fuse naturellement avec Johanna Beyer, Managing Partner du bureau BARNES Saint-Germain-des-Prés et amie de l'artiste depuis leur rencontre en 2017, lorsque JonOne fit l'acquisition d'un appartement dans le VIe arrondissement « le quartier des artistes par excellence ! ».

Les sujets s'enchaînent : son adolescence à Harlem, les graffitis observés dans son quartier, « un musée à ciel ouvert », puis les siens, dans son immeuble et jusqu'à ce qu'injonction – maternelle – ne lui soit faite d'aller s'exprimer ailleurs. Car c'est cela l'art pour JonOne : une manière de s'exprimer, en conjuguant une calligraphie littérale à une touche abstraite et à une bonne dose d'énergie en couleurs. Il investira donc la ville, dans une scène artistique new-yorkaise alors en plein essor : à quelques kilomètres de là, du côté de Brooklyn le phénomène Basquiat grandit, tandis qu'au cœur de Manhattan un certain Keith Haring se formait à la New York School of Visual Arts.

Notre plongée dans la fin des années 80 est interrompue par l'arrivée d'une crème brûlée suscitant quelques commentaires sur son croquant caramel... Un détail, et à la fois l'illustration d'un art de vivre à la française que l'artiste affectionne : « l'art de vivre en France est différent du terme de lifestyle, il y a là une dimension culturelle, élégante ». Il faut dire que depuis 1987 et son arrivée à Paris, ce dernier a bien cerné cette ville aux mille facettes. Parce qu'il est curieux, parce qu'il ne s'embarrasse pas de limites et de frontières, voire qu'il les défie. Et des mondes JonOne en a connus, entre la friche urbaine de l'Hôpital Éphémère dans le XVIIIe, une rencontre avec Agnès b., la découverte de l'écosystème Radio Nova, et les galeries renommées du VIIIe arrondissement exposant désormais ses toiles.

Mieux qu'une ascension, la juxtaposition d'univers que tout voudrait opposer, et qu'il continue aujourd'hui encore de réunir. « J'aime de Paris son mélange, j'aime Barbès, comme le VIe. J'ai eu l'opportunité d'évoluer à travers des mondes très différents et cela m'a nourri d'une véritable richesse. J'aime Les Deux Magots, mais j'adore aussi goûter le meilleur couscous de Ménilmontant. » Définitivement, le plus parisien des Américains. On retrouve JonOne sur un flacon Guerlain en édition très limitée, sur un Boeing 777 pour un vol inaugural Paris-New York ou encore dans la salle des Mariannes de l'Assemblée Nationale... mais aussi à travers d'autres supports moins attendus — une Renault 5, un sac de courses — au profit de la Fondation pour le Logement des Défavorisés.

C'est parce qu'il aime les contrastes que JonOne sourit en songeant à ce rendez-vous inédit qui verra la façade du bureau BARNES Saint-Germain-des-Prés recouverte de son geste artistique. Incontournable pour les étudiants des Beaux-Arts passant quotidiennement devant la vitrine. « Ce lieu créatif me fascine, sûrement parce que je n'ai pas eu l'opportunité de suivre une formation académique. J'ai depuis eu l'occasion d'y organiser deux expositions. » Tout comme l'idée que le street art s'exporte désormais en dedans ? « Au contraire, je trouve que le street art a largement mérité sa place dans les galeries. De la même manière que la rue pouvait être le premier rapport à l'art pour des personnes qui ne pousseraient pas la porte des musées, c'est une bonne chose de mener ce mouvement à un autre public. » Alors, une galerie d'accord, mais le bureau d'un groupe immobilier ? « Je vois dans cet événement la rencontre entre deux univers de prestige, l'art, et l'immobilier ! » Johanna Beyer de compléter que l'agence est en réalité une ancienne galerie d'art refaite par Jean-Michel Wilmotte. Retour aux origines.

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