Bio, biodynamie, nature : comprendre ce que l'on confond
Un rappel s'impose : bio, biodynamie et vins nature renvoient à des réalités distinctes. La viticulture biologique exclut les intrants de synthèse dans un cadre certifié et contrôlé. La biodynamie va plus loin : elle considère la vigne comme un organisme vivant et cherche à renforcer la vitalité du sol ainsi que l'expression parcellaire. Les vins dits « nature », souvent issus de raisins cultivés en bio ou biodynamie, ne relèvent pas d'un cadre réglementaire unique. Trois démarches distinctes, mais animées par une même ambition : révéler l'identité du terroir avec le moins d'artifice possible.
Des pionniers visionnaires devenus références
Une réalité encore trop méconnue : une grande partie des vins les plus prestigieux sont aujourd'hui certifiés bio. C'est ce que nos membres ont pu découvrir lors de voyages privés au cœur des domaines. À Bordeaux, Château Smith Haut Lafitte fut longtemps regardé avec scepticisme lorsque Daniel et Florence Cathiard engagèrent le domaine vers la conversion biologique puis biodynamique. Aujourd'hui, cette vision est saluée dans le monde entier. À Château Cheval Blanc, la biodiversité est structurante : haies, arbres fruitiers, corridors écologiques entre les parcelles.
Une dimension philosophique
En Champagne aussi, le tournant se confirme, parfois de façon très affirmée. En témoigne le travail d'Anselme Selosse, que beaucoup surnomment le sorcier. L'homme suit sa propre philosophie, celle d'une « taxe de la nature », qui le pousse à dépasser les certifications pour aller vers une forme de permaculture, en acceptant d'y perdre une part de sa récolte. Son fils Guillaume prolonge cette quête d'expression parcellaire, loin de toute uniformisation aromatique. Un pari réussi : le champagne du Domaine Jacques Selosse compte parmi les plus réputés au monde.
Ainsi, au fil des expériences organisées par BARNES Fine Wines, une conviction se dessine : au-delà de la dégustation d'une grande étiquette, partager un grand vin, c'est éprouver l'émotion d'un fragment d'histoire et entrer en dialogue avec des femmes, des hommes, des familles passionnées mais aussi, et surtout, avec un terroir.
Les grands vins sont aujourd'hui en première ligne du virage vers une viticulture bio et raisonnée. C'est le constat que dresse Louis de Truchis, Managing Director de BARNES Fine Wines. Qu'il s'agisse du bio certifié, de la biodynamie ou d'approches encore plus radicales comme la permaculture, ces trois démarches distinctes sont portées par la même ambition : révéler l'identité du terroir avec une intervention minimale.
Des vignerons visionnaires incarnent cette révolution silencieuse. À la manière d'un sorcier, l'un d'eux suit sa propre philosophie, celle d'une « taxe nature », le conduisant au-delà de la certification vers une forme de permaculture, acceptant la perte d'une partie de sa récolte en échange de l'expression parcellaire la plus authentique.