Dix-huit ans après sa création, quel bilan dressez-vous de Paris Society ?
Laurent de Gourcuff : Je suis fier d'avoir fait de Paris Society une marque reconnue à l'international, un univers qui célèbre la beauté, la fête et la gastronomie ; d'avoir créé des lieux où les gens vivent des moments de joie et de convivialité. Je suis aussi fier d'avoir bâti, avec Alexandra de La Brosse, Antoine Ménard, Sébastien Pacault et nos équipes, une véritable famille professionnelle, composée de talents engagés qui ont grandi avec moi et avec lesquels nous partageons une vision commune.
Quelles ont été les ingrédients de votre réussite ?
LG : La fête est mon premier métier. Puis l'événementiel et enfin la restauration. Ma logique est restée la même : repérer un emplacement avec un fort potentiel, définir une vision claire et exécuter vite et juste. J'ai une passion pour dénicher des espaces qui possèdent quelque chose d'unique : une architecture grandiose, une terrasse, une vue spectaculaire. À partir de ces données, nous imaginons le lieu en y ajoutant les bons ingrédients : la direction artistique culinaire, le design, l'atmosphère, le service, l'animation, afin qu'il raconte une histoire.
Qu'est-ce qui a changé depuis la vente en 2022 de Paris Society à Accor ?
LG : Lorsque j'ai vendu, cela a plutôt été un mariage entre Sébastien Bazin et moi. Il s'est énormément impliqué dans Paris Society qui lui doit beaucoup. Tant que Sébastien restera Président d'Accor, je continuerai à m'investir pleinement dans Paris Society. Je suis toujours là pour incarner et protéger les lieux, les équipes et les marques afin qu'ils puissent conserver leur identité et poursuivre leur rayonnement à l'étranger.
Le développement international est-il devenu aujourd'hui une priorité du groupe ?
LG : Quand on a lancé Paris Society, j'avais une vingtaine de lieux dans mon viseur. Nous avons réussi à mettre la main sur seize d'entre eux ! Chacun est devenu une marque reconnue internationalement. Les spots à la Paris Society sont aujourd'hui rares. Paris reste une capitale au rayonnement unique : sa légitimité dans l'hospitalité, son architecture, sa créativité culinaire et cet art de vivre qu'elle incarne. C'est sur cette signature parisienne que nous capitalisons pour développer nos marques à l'étranger. De Rome à Dubaï, de Miami à Los Angeles, une cinquantaine d'ouvertures sont prévues.
L'extension à Paris, c'est fini ?
LG : Il reste 2 ou 3 pépites qui continuent de me faire rêver. Notre dernière acquisition, le Grand Véfour appartient à cette légende parisienne dont les étrangers raffolent. Nous allons y ajouter une terrasse de 140 couverts sur le Palais Royal.
Vous avez racheté, à titre personnel, les lieux festifs de Paris Society. Avez-vous d'autres projets ?
LG : Je me suis associé avec Pernod Ricard, pour reprendre le pôle festif. Nous avons d'ailleurs récemment ouvert le Pompon, un restaurant festif au sein du Palais Brongniart qui ne désemplit pas ! Par ailleurs, avec Constance, nous avons créé une structure commune pour développer une collection d'hôtels de caractère, au positionnement lifestyle chic. L'ambition est de créer une signature forte dans l'hospitalité haut de gamme. La première ouverture aura lieu à Lisbonne, associée à la famille Milchior dans un magnifique palais d'un hectare au cœur de la ville. Nous avons aussi des vues à Saint-Tropez, Marrakech... Nous développons également d'autres activités comme l'enseigne Matsuri avec Adrien de Schompré ou encore dans l'immobilier associés à Michael Benabou.
Constance, comment envisagez-vous cette nouvelle aventure ?
CG : Après avoir vendu mon cabinet de courtage, j'ai souhaité m'engager dans une action philanthropique. J'ai créé, avec mon ancien associé Alexis Fouché, un fonds de dotation, 123 Soleil Épargne Solidaire, afin de soutenir des projets en faveur de l'enfance. En trois ans, nous avons contribué à une quinzaine de programmes axés sur l'éducation, la santé ou la réinsertion et nous allons poursuivre dans cette voie. Avec Laurent, nous avons aussi décidé de développer ensemble cette collection d'hôtels. Nous n'avions encore jamais travaillé ensemble, mais je n'ai aucune crainte. Il existe entre nous un équilibre naturel. À travers ces lieux, nous souhaitons partager notre vision de l'art de vivre et de recevoir.
Que vous apportez-vous l'un à l'autre ?
CG : J'aime sa manière de voir grand. LG : Elle me canalise et me transmet son attention aux autres.
Le shooting photo se déroule à l'île de Ré. Quel lien entretenez-vous avec cette île ?
CG : Nous ne connaissions pas particulièrement l'île de Ré. Mais ce que nous voulions avant tout, c'était créer un paradis familial et amical, loin du tumulte du Sud. Nous avons eu l'opportunité d'acquérir une propriété aux Portes, pleine de charme, au bord de l'eau et à quelques pas du village. Cela a été une évidence, presque un coup de foudre. Cette maison est rapidement devenue notre havre de paix.