Qu'est-ce qui a motivé et initié cette démarche ?
Raphaël Masvigner : À l'origine, il y a une passion commune pour l'océan, miroir le plus brutal des méfaits de notre économie linéaire : pollution plastique massive, microplastiques, continents de déchets flottants… Face à ce constat, nous avons compris que l'on ne réglerait pas le problème uniquement en nettoyant, mais en s'attaquant au cœur du système : les modèles économiques des entreprises. Circul'R naît de ce besoin de faire connaître, partager et diffuser des solutions concrètes, déjà à l'œuvre. Aujourd'hui, nous accompagnons près de 70 % des entreprises du CAC40 à travers des missions de formation et de conseil, afin de diffuser les bonnes pratiques et les adapter à grande échelle.
Quels sont les bénéfices concrets de l'économie circulaire ?
Raphaël Masvigner : L'économie circulaire est une stratégie très concrète, qui peut s'activer à plusieurs niveaux de la chaîne de valeur. Dès la phase de production, elle permet de travailler sur l'approvisionnement durable et l'éco-conception. Au stade de l'usage, elle ouvre la voie à de nouveaux modèles d'affaires, fondés sur l'allongement de la durée de vie des produits, le réemploi ou la réparation. En fin de vie, elle consiste à transformer les déchets en nouvelles ressources.
Quelle est votre vision du futur ?
Raphaël Masvigner : Le véritable enjeu n'est plus tant l'innovation que le passage à l'échelle, déployer la dynamique que nous avons contribué à installer en France sur la scène européenne. Pour cela, nous croyons beaucoup au format des coalitions, qui permettent de mutualiser les efforts et d'accélérer l'adoption des solutions, comme nous le faisons dans les secteurs des cosmétiques ou de l'industrie. L'autre point clé est la démonstration de la pertinence business de l'économie circulaire qui n'est pas seulement une réponse environnementale mais un levier de robustesse, de compétitivité et de souveraineté économique.