BARNES Magazine N°40 N°40 — Automne-Hiver 2026/2027
Art de Vivre

Hubert de Malherbe

Archi sensible

En Corse comme dans les Cyclades, les maisons imaginées par Hubert de Malherbe semblent avoir trouvé leur place le plus naturellement du monde. Le designer y cultive un luxe sans ostentation, fait de nature, de liberté et d'une relation sensible au paysage.

Par La Rédaction Photos : Aurélien Chauvaud
Hubert de Malherbe

À la tête de Malherbe Paris, agence de plus de 200 collaborateurs, Hubert de Malherbe conçoit depuis plus de 30 ans bien plus que des espaces : des identités et des univers, de l'architecture à la communication. De Dior à La Samaritaine, une même conviction : « Qui mieux que ceux qui imaginent les lieux et leurs usages pour en raconter l'histoire et révéler le sens de chaque geste ? » Une approche quasi sociologique, attentive à la façon dont les espaces influent sur ceux qui les traversent… Un regard qui prend une résonance particulière dans le résidentiel : en Corse et en Grèce notamment, deux maisons qu'il a conçues révèlent aujourd'hui la part la plus personnelle de son travail.

La villa du maquis, Pianottoli-Caldarello (Corse)

Illustration tangible sur une crête de Pianottoli-Caldarello, où, entre maquis et Méditerranée, la villa semble s'être glissée dans un paysage intact. Détail qui n'en est pas : ici, aucun terrassement n'est venu contraindre le domaine d'un hectare. Rochers, genévriers, arbousiers, lentisques et oliviers sont restés en place. La nature a guidé le geste architectural s'insinuant entre ses reliefs. La pierre pénètre à l'intérieur, les sols se prolongent sur les terrasses et la salle à manger, cœur convivial de la maison, s'ouvre sur le maquis.

« La maison n'a pas voulu s'imposer. Elle s'invite dans une nature qui l'a précédée, en toute humilité. »

Ici, le luxe tient à la confidentialité d'un lieu préservé, prolongé jusqu'à une plage sauvage.

Le rêve méditerranéen, Antiparos (Grèce)

La même retenue a guidé le dessin de la villa d'Antiparos. Sur 7 300 m² descendant vers la mer, ses plateaux sont reliés par des pentes douces, sans marches ni sous-sol, pour épouser la topographie plutôt que la corriger. La fluidité entre dedans et dehors se retrouve jusque sous les pieds : mêlé de graviers noirs et blancs, teinté d'ocre puis lissé, le béton brut prend l'apparence du terrazzo tout en restant doux et tempéré. « Je veux faire des maisons qu'on chausse », confie le designer.

Artisans et matières locales y côtoient un mobilier chiné au fil des voyages ; objets inattendus et touches de couleur orientent le regard sans verser dans l'apparat. « Ici, le luxe, c'est la nature, les volumes, la confidentialité », résume Hubert de Malherbe, invitant ainsi ses hôtes à nouer avec chaque lieu une relation intime et sensible.
malherbe-escapism.com

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