À la tête de Malherbe Paris, agence de plus de 200 collaborateurs, Hubert de Malherbe conçoit depuis plus de 30 ans bien plus que des espaces : des identités et des univers, de l'architecture à la communication. De Dior à La Samaritaine, une même conviction : « Qui mieux que ceux qui imaginent les lieux et leurs usages pour en raconter l'histoire et révéler le sens de chaque geste ? » Une approche quasi sociologique, attentive à la façon dont les espaces influent sur ceux qui les traversent… Un regard qui prend une résonance particulière dans le résidentiel : en Corse et en Grèce notamment, deux maisons qu'il a conçues révèlent aujourd'hui la part la plus personnelle de son travail.
La villa du maquis, Pianottoli-Caldarello (Corse)
Illustration tangible sur une crête de Pianottoli-Caldarello, où, entre maquis et Méditerranée, la villa semble s'être glissée dans un paysage intact. Détail qui n'en est pas : ici, aucun terrassement n'est venu contraindre le domaine d'un hectare. Rochers, genévriers, arbousiers, lentisques et oliviers sont restés en place. La nature a guidé le geste architectural s'insinuant entre ses reliefs. La pierre pénètre à l'intérieur, les sols se prolongent sur les terrasses et la salle à manger, cœur convivial de la maison, s'ouvre sur le maquis.
« La maison n'a pas voulu s'imposer. Elle s'invite dans une nature qui l'a précédée, en toute humilité. »
Ici, le luxe tient à la confidentialité d'un lieu préservé, prolongé jusqu'à une plage sauvage.
Le rêve méditerranéen, Antiparos (Grèce)
La même retenue a guidé le dessin de la villa d'Antiparos. Sur 7 300 m² descendant vers la mer, ses plateaux sont reliés par des pentes douces, sans marches ni sous-sol, pour épouser la topographie plutôt que la corriger. La fluidité entre dedans et dehors se retrouve jusque sous les pieds : mêlé de graviers noirs et blancs, teinté d'ocre puis lissé, le béton brut prend l'apparence du terrazzo tout en restant doux et tempéré. « Je veux faire des maisons qu'on chausse », confie le designer.
Artisans et matières locales y côtoient un mobilier chiné au fil des voyages ; objets inattendus et touches de couleur orientent le regard sans verser dans l'apparat. « Ici, le luxe, c'est la nature, les volumes, la confidentialité », résume Hubert de Malherbe, invitant ainsi ses hôtes à nouer avec chaque lieu une relation intime et sensible.
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