BARNES Magazine N°40 N°40 — Automne-Hiver 2026/2027
Art

Olga A. Sweet

Le portrait comme un poème

Du président Jimmy Carter au duc d'Argyll, de Laurence Graff à David Lauren, Olga A. Sweet fixe les traits de personnalités d'exception. Au-delà d'une quête de ressemblance, s'esquisse sur ses toiles ce qui affleure plus secrètement : une présence, un rêve, et parfois les lignes de force d'une fragilité.

Par La Rédaction
Olga A. Sweet

Si elle peint et dessine depuis l'enfance et est titulaire d'un master en art et philosophie, c'est auprès de Ronald Sherr, figure majeure du portrait américain, qu'Olga A. Sweet approfondit sa vocation. Pendant quatre ans, elle travaille dans son atelier de Stuyvesant Street, installé au dernier étage d'une demeure new-yorkaise construite en 1795. Parmi les tableaux anciens et les objets d'époque, le maître lui transmet son savoir tout en l'encourageant à trouver sa propre voix.

« Les magnifiques peintures d'Olga Sweet s'inscrivent dans la tradition d'artistes contemporains tels que Pietro Annigoni et Alejo Vidal-Quadras, qui, comme elle, ont fixé les traits de célébrités du XXe siècle. »
S.A.R. le Dr Géza von Habsburg, ancien président de Christie's Europe

À l'huile sur toile ou au graphite, l'artiste conjugue depuis plus de 20 ans fidélité au modèle et liberté du geste. Les visages se révèlent avec précision tandis que les vêtements, le décor ou certaines zones laissées en suspens s'émancipent en touches plus vives, parfois proches de l'abstraction. Comme une part de sensible jusque dans les compositions les plus formelles.

Au-delà des apparences

Avant chaque portrait, Olga A. Sweet s'attache à découvrir ce que peu de personnes perçoivent de son modèle, ce qui l'anime autant que ce qui le vulnérabilise. Les séances de pose deviennent alors le lieu d'une collaboration délicate entre l'artiste et son sujet. Fascinée par la poésie russe de l'Âge d'argent, elle en transpose l'économie dans sa peinture : dire le plus avec le moins de traits possible. « Ma peinture n'est peut-être pas un roman, mais un poème sur chaque personne », confie-t-elle.

Une sensibilité qui traverse également Compassion for Trees, série née de son attachement à la nature et de ses souvenirs d'enfance parmi les bouleaux enneigés. Mais c'est à l'épreuve du temps qu'Olga A. Sweet mesure le mieux la force d'un portrait : même découvert dans deux cents ans, privé de son nom, il devrait encore laisser deviner un être qui a rêvé, créé, peut-être souffert… en somme, quelqu'un qui a vécu.

← Retour à la une